Histoire

Boisbelle, un royaume dans le Berry.

Une principauté souveraine minuscule, mais dotée de privilèges extraordinaires, de sa propre justice, de sa mémoire et d'une capitale voulue par Sully.

Repères

Un petit royaume au milieu du royaume de France.

L'historien local H. Boyer parlait d'une « principauté lilliputienne ». Boisbelle était une terre singulière, sise près du Berry, dont les privilèges furent reconnus à plusieurs reprises par lettres patentes des rois de France.

1605Sully acquiert Boisbelle 1608le projet d'Henrichemont commence 1779rachat des privilèges ratifié
Carte ancienne de Boisbelle

Un royaume dans le Berry

Les princes propriétaires de Boisbelle y exerçaient de véritables pouvoirs souverains: ils faisaient les lois, rendaient justice et battirent même monnaie. Les habitants n'étaient soumis à aucun impôt royal et n'avaient pas d'obligation militaire. Le sel étant exempt de gabelle, la principauté fut aussi associée aux récits de faux-sauniers.

  • Territoires mentionnés: Boisbelle, Henrichemont, La Borne et Achères.
  • La carte de Cassini rattache aussi une partie de Ménetou-Salon et quelques parcelles de Quantilly.
  • Sur le plan religieux, on parla parfois du « royaume des trois paroisses »: Ménetou, Quantilly et Ivoy-le-Pré.
Place centrale d'Henrichemont

Henrichemont

Le 31 août 1605, Sully acquit de Charles de Gonzague, duc de Nevers, la terre et seigneurie souveraine de Boisbelle. Après confirmation des droits de ses sujets en 1607-1608, il lança le projet d'une capitale digne de son rang: Henrici-Mons, le Mont-Henri, devenu Henrichemont.

En décembre 1608, un marché général fut passé avec quatre entrepreneurs, deux parisiens et deux provinciaux. La tradition rapporte que Sully fit venir jusqu'à 1 000 ouvriers étrangers à la principauté. La mort d'Henri IV porta cependant un coup fatal à l'achèvement de l'œuvre.

Urbanisme régulier Maison du procureur fiscal Hôtel des Monnaies Hôtel du Bœuf Restes de remparts Caves et cours communicantes
Document patrimonial de Boisbelle

Achères

Achères conserve la mémoire d'une ancienne chapelle d'ermites des Xe et XIe siècles. Son abside percée de trois fenêtres de plein cintre et sa pierre d'autel, posée sur deux montants ornés de grecques, témoignent d'un édifice très ancien, peut-être de la fin du XIe ou du début du XIIe siècle.

Un prieuré, la Maison du Prieur, pourrait dater du XIIIe siècle. Pays des abeilles et du miel, Achères connut aussi la poterie, le merrain et, en 1610, une activité de fonte de fer grossier. Avec La Borne, le lieu est également associé à un refuge de faux-sauniers.

Carte ancienne de Boisbelle

La Borne

Une limite devenue lieu d'art.

La Borne, comme son nom l'indique, marquait la limite est de la principauté. Les anciennes poteries y ont progressivement laissé place à des ateliers de céramique et à des œuvres d'art, prolongeant autrement la mémoire du territoire.